myky

Cartes des dangers en Suisse : comprendre les dangers naturels

env. 4 minutes de lecture
Carte des dangers en Suisse avec des zones colorées indiquant les risques naturels tels que les crues, les avalanches, les glissements de terrain et les chutes de pierres.

Les risques naturels comportent de nombreux dangers pour les biens et les personnes. Parallèlement au développement urbain, les communes doivent prendre des mesures de prévention. Pour ce faire, elles s’appuient sur les cartes des dangers établies par les cantons ou les communes.

En un coup d'œil

  • Les cartes des dangers indiquent les zones de Suisse exposées à des risques d'inondation, d'avalanche, de glissement de terrain ou de chute de pierres. Les cantons et les communes sont chargés de les établir. Elles ont une incidence sur les zones à bâtir, les permis de construire et la protection des zones urbanisées.
  • Les couleurs des niveaux de danger indiquent le degré de risque d’une zone. Le rouge signifie un danger considérable avec interdiction de construire, le bleu et le jaune n’autorisent les constructions qu’avec des conditions ou des mesures de protection, tandis que le jaune-blanc signale un danger résiduel.
  • Les cartes des dangers sont contraignantes pour les maîtres d’ouvrage et les propriétaires immobiliers. Quiconque construit ou rénove un bâtiment doit respecter les prescriptions et, le cas échéant, prendre des mesures pour assurer la protection du bien.

Obligation d’élaborer des cartes des dangers

Suite aux dégâts dévastateurs causés par les intempéries de 1987, un changement de paradigme s’est opéré au niveau national, passant d’une simple prévention des risques à une approche davantage axée sur la prévention. Les lois fédérales sur l’aménagement des cours d’eau et sur les forêts ont été adaptées en 1991 à la lumière des enseignements tirés des inondations de 1987, notamment en instaurant l’obligation d’élaborer des cartes des dangers. Depuis lors, les cantons et les communes doivent établir des cartes des dangers exhaustives et précises au niveau des parcelles pour les crues, les avalanches, les glissements de terrain ainsi que les chutes de pierres et les éboulements. La loi fédérale sur l’aménagement des cours d’eau et la forêt en constitue la base. L’objectif est de protéger efficacement les zones à bâtir et les surfaces urbanisées. Les cartes des dangers ont une influence sur le classement en zone à bâtir et le déclassement dans le plan d’affectation. La révision des cartes des dangers donne lieu à des projets de protection correspondants. Les communes doivent tenir compte de ces cartes lors de la création de nouvelles zones à bâtir et de l’octroi de permis de construire afin d’éviter de mettre en danger des personnes et de causer des dommages matériels. En tant que maître d’ouvrage potentiel ou propriétaire immobilier, vous avez donc tout intérêt à vous informer sur ces bases contraignantes pour les propriétaires fonciers. Selon l’Office fédéral de l’environnement, les cartes des dangers sont aujourd’hui en grande partie établies et partiellement intégrées dans des évaluations des risques.

Service Teaser Experten fr

Vous cherchez les expertes et experts qu'il vous faut pour vos projets ?

Trouvez des professionnels certifiés près de chez vous et bénéficiez d'un accompagnement pour vos travaux de rénovation ou de modernisation.

Qu’est-ce qu’un danger et qu’est-ce qu’un risque ?

  • Le danger désigne la possibilité ou le risque qu’un événement entraînant des dommages se produise. Nous ne connaissons toutefois pas le moment où il se produira, sa nature et l’ampleur des dommages.
  • Le risque décrit un dommage attendu qui survient avec une probabilité ou une fréquence donnée. Dans le langage courant, le terme « risque » est souvent utilisé avec des significations différentes ; par exemple, au sens d’une probabilité (« il y a un risque élevé qu’il pleuve demain ») ou à la place du terme « danger ».

Les cartes de danger indiquent l’exposition potentielle d’une zone. Le potentiel de dommages (dommages pouvant survenir lors d’un événement) peut être plus élevé dans la zone de danger jaune, malgré une exposition moindre, que dans les zones de danger bleues ou rouges. Les différentes couleurs des cartes de danger résultent des probabilités (périodes de retour) et des intensités attendues (par exemple, pour les crues, les profondeurs et les vitesses d’écoulement) variables.

Les cartes des risques servent à la planification de mesures basées sur les risques et constituent une évolution de la carte des dangers. Outre les zones exposées (= carte des dangers), elles indiquent également les biens concernés (p. ex. personnes, biens matériels, approvisionnement, culture et environnement) et peuvent ainsi contribuer, par exemple, à la hiérarchisation des mesures de protection.

Classification des sinistres et des risques

Lors de l’élaboration ou de la révision des cartes des risques, des spécialistes, tels que des géologues, des ingénieures et ingénieurs forestiers et civils, ainsi que des géographes, étudient en profondeur une zone donnée. L’élaboration des cartes des dangers s’appuie à la fois sur des sources historiques, des événements passés, ainsi que sur des calculs et des simulations informatiques. Dans un premier temps, les spécialistes identifient toutes les sources de danger représentant une menace potentielle pour la région. Dans un deuxième temps, les spécialistes définissent les scénarios qui déterminent la fréquence et l’intensité des événements à prévoir. Cette étape aboutit à des cartes dites d’intensité par source de processus, qui indiquent les intensités attendues pour chaque période de retour, c’est-à-dire tous les 30, 100 et 300 ans. Dans la dernière étape, les spécialistes calculent la carte de danger par source de processus ; celle-ci, qui utilise les couleurs jaune, bleu et rouge ainsi que des bandes jaunes et blanches (risque résiduel), indique le degré de danger d’une zone. Une fois leur élaboration terminée, les spécialistes intègrent les cartes des dangers dans le plan d’affectation et les mettent en œuvre. Les eaux de surface, les remontées d’eau souterraine ou les refoulements dans les canalisations n’ont pas été pris en compte.

Les différentes couleurs des cartes de danger expriment le degré de risque et donnent ainsi une première indication des conséquences attendues pour les personnes et les bâtiments.

Informations figurant sur une carte des dangers

Niveau de danger

Risque

Caractéristiques

Conséquences

Rouge

Considérable

Les personnes sont en danger à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments. Vous devez vous attendre à la destruction soudaine de bâtiments.

Pas de délimitation de nouvelles zones à bâtir ; pas de construction ni d'agrandissement de bâtiments.

Bleu

Moyen

Les personnes ne sont guère menacées à l’intérieur des bâtiments, mais un danger existe à l’extérieur. Vous devez vous attendre à des dommages aux bâtiments, mais vous n’avez pas à craindre de destruction soudaine dans cette zone si les conditions relatives aux méthodes de construction sont respectées.

Les autorités délimitent de nouvelles zones à bâtir uniquement après une pesée des intérêts ; elles délivrent des permis de construire uniquement sous conditions.

Jaune

Faible

Les personnes ne sont pratiquement pas menacées.

Vous devez vous attendre à des dommages mineurs aux bâtiments ou à des perturbations, mais des dommages matériels importants peuvent survenir dans les bâtiments.

Avertissement des dangers ; recommandations pour les constructions existantes et examen de la possibilité d’imposer des conditions pour les nouvelles constructions.

Jaune-Blanc

Risque résiduel

Zone d’alerte concernant un risque résiduel avec une très faible probabilité de survenue.

Avertissement des dangers ; conditions pour les utilisations sensibles et fort potentiel de dommages

Blanc

Aucun ou négligeable

 

Source : OFEV : cartes des dangers

Peut-on mesurer l'efficacité des mesures de protection ?

Ce n'est qu'en cas d'urgence que l'on peut avoir la certitude de l'efficacité des mesures de protection. En cas d’inondations, de glissements de terrain, etc., ce n’est qu’après la survenue d’un événement qu’il est possible d’affirmer avec certitude si les mesures de protection mises en place ont rempli leur fonction. Grâce à l’expertise des spécialistes, les ouvrages et mesures de protection sont toutefois conçus de telle sorte que, en cas d’urgence, les mauvaises surprises sont extrêmement rares et que les systèmes réagissent de manière prévisible en cas de surcharge.

Questions fréquentes

Conseils pour un logement durable

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez régulièrement des conseils pour un logement durable.

Avec plaisir