myky

Réduire la chaleur dans les espaces extérieurs : matériaux et mesures

env. 7 minutes de lecture
Deux enfants jouent près d'un bassin dans un espace extérieur verdoyant – image symbolique illustrant les mesures de rafraîchissement contre la chaleur.

La hausse des températures devient un problème de plus en plus préoccupant, notamment dans les villes, et comporte des risques pour la santé. Pour limiter la surchauffe, le choix des matériaux de construction est déterminant : ceux-ci influencent le degré de réchauffement des bâtiments et des espaces extérieurs et peuvent améliorer le microclimat de manière ciblée.

En un coup d'œil

  • Les îlots de chaleur se forment principalement dans les zones densément urbanisées. Une planification adéquate et un choix judicieux des matériaux permettent de rendre les bâtiments et les espaces extérieurs nettement plus frais.
  • Les espaces verts, les arbres, l’eau et les sols non imperméabilisés améliorent le microclimat, tandis que les surfaces imperméabilisées et les jardins de rocaille accentuent encore davantage la chaleur.
  • Les matériaux de construction clairs et adaptés au climat s’échauffent moins et contribuent à réduire l’effet d’îlot de chaleur.
  • En planifiant suffisamment tôt les nouvelles constructions ou les rénovations, vous pouvez intégrer de manière ciblée l’ombrage, la végétalisation et l’arrosage, et ainsi améliorer le confort de vie à long terme.

Lutter contre le réchauffement climatique

En raison de sa situation géographique et de sa topographie, la Suisse est plus touchée par le réchauffement climatique que d’autres pays. Selon les derniers scénarios climatiques « Klima CH2025 », la température aura augmenté de 2,9 °C d’ici 2024 par rapport à l’ère préindustrielle, c’est-à-dire avant 1900. Afin de préserver à long terme des espaces de vie et des espaces extérieurs agréables et de qualité, vous devez avant tout réduire les émissions de gaz à effet de serre le plus rapidement possible. C’est pourquoi la Suisse s’est fixé pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Il est important de lutter contre le réchauffement climatique, mais le chemin à parcourir est encore long et semé d’embûches. C’est pourquoi vous devez également prendre des mesures pour vous adapter aux conditions climatiques actuelles. Cela signifie que vous devez concevoir les bâtiments et les espaces extérieurs de manière à ce qu’ils s’adaptent au climat, afin qu’ils ne se réchauffent pas aussi rapidement.

Une conception intelligente des bâtiments pour lutter contre la chaleur

Il existe de nombreuses façons de créer des oasis de fraîcheur chez vous et de tenir la chaleur à l’écart. Cela vaut pour l’intérieur, mais aussi et surtout pour l’extérieur, car après tout, l’été vous invite à profiter du grand air.

Le plus simple est d’intégrer ces considérations dès la phase de conception, avant la construction de la maison. Vous devez notamment vous demander dans quelle direction vous orienterez le bâtiment. Si vous orientez la terrasse ou le jardin vers l’ouest, il bénéficiera d’un ensoleillement intense de midi jusqu’au coucher du soleil. En revanche, si l’orientation est vers le sud, le soleil est presque à la verticale au-dessus de la maison pendant la journée. Vous pouvez également intégrer toutes les autres mesures de lutte contre la chaleur, de l’ombrage à la végétalisation, dans les plans de construction.

Absence de rafraîchissement nocturne due aux îlots de chaleur

Les villes sont particulièrement touchées par la chaleur estivale. Cela s’explique par la densité des constructions, qui empêche une bonne ventilation. À cela s’ajoute une forte proportion de matériaux accumulant la chaleur et de surfaces imperméabilisées. Celles-ci se réchauffent pendant la journée et emmagasinent la chaleur, de sorte que l’environnement ne peut plus se rafraîchir suffisamment, même la nuit. Ces îlots de chaleur peuvent présenter des températures jusqu’à 7 °C supérieures à celles des environs.

Risques pour la santé

Le stress thermique et, surtout, l’absence de rafraîchissement nocturne nuisent au bien-être des habitantes et des habitants. Pour les personnes âgées ou vulnérables, la chaleur excessive comporte également des risques pour la santé, notamment des maladies cardiovasculaires ou respiratoires. Pour l’organisation mondiale de la santé, le changement climatique représente même l’une des plus grandes menaces pour la santé.

Plus de vert, plus de bleu, moins de gris

Pour lutter contre la formation d’îlots de chaleur, il existe une formule efficace pour l’aménagement des espaces extérieurs : plus de vert, plus de bleu, moins de gris. Cela signifie que vous, maîtresses et maîtres d’ouvrage, devriez aménager votre environnement de manière à y intégrer le plus grand nombre possible de plantes, idéalement un peuplement d’arbres matures. En effet, les arbres à large couronne, résistants à la sécheresse et à la chaleur, fournissent de l’ombre et rafraîchissent l’air dans un rayon de plusieurs mètres grâce à l’évaporation de l’eau. L’espace étant limité en ville, il est également intéressant de végétaliser les toits et les façades.

Les plans d’eau ont également un effet rafraîchissant. L’eau en mouvement produit un effet rafraîchissant plus important que l’eau stagnante, car elle présente une plus grande surface. Les places, parcs ou jardins végétalisés et dotés de plans d’eau améliorent en outre la qualité de vie tout au long de l’année et servent d’espaces de rencontre et de détente.

Éviter l’imperméabilisation

Il est tout aussi utile de créer des surfaces perméables. La désimperméabilisation des parkings ou des cours intérieures offre également un potentiel intéressant. Les surfaces désimperméabilisées et végétalisées se réchauffent moins fortement pendant la journée, emmagasinent moins de chaleur et se refroidissent donc rapidement la nuit. L’évaporation de l’humidité du sol contribue également à rafraîchir l’air.

Privilégier des surfaces non imperméabilisées plutôt que des jardins de rocaille à l’extérieur

Aucune évaporation rafraîchissante n’a lieu sur les surfaces et les chemins imperméabilisés par du béton, des dalles ou des pavés. De plus, les surfaces imperméabilisées s’échauffent fortement. La désimperméabilisation de ces surfaces permet de restaurer les fonctions naturelles du sol.

Les jardins de rocaille font également partie des surfaces imperméabilisées ; ils se sont considérablement multipliés au cours des dernières décennies, tant dans les espaces publics que privés, et font désormais l’objet de critiques croissantes. D’une part, ils n’offrent qu’un habitat limité aux plantes et aux animaux. D’autre part, les pierres se réchauffent fortement, emmagasinent la chaleur et la restituent alors qu’il devrait faire frais. Plusieurs communes ont désormais interdit les jardins de rocaille. Les autorités étudient également une interdiction nationale de l’aménagement de jardins de rocaille.

Catalogue de matériaux avec recommandations

La formation d’îlots de chaleur étant étroitement liée au mode de construction et aux matériaux utilisés, le choix judicieux des matériaux joue un rôle important. Ainsi, les façades et les revêtements de sol clairs se réchauffent moins que les matériaux foncés comme l’asphalte. Il est donc préférable d’opter pour des pavés clairs plutôt que pour un revêtement asphalté.

Choisir des matériaux de construction qui luttent contre les îlots de chaleur

Une équipe de la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse (FHNW) a étudié, à la demande de l’Office fédéral du logement et avec le soutien de l’Office de l’environnement et de l’énergie du canton de Bâle-Ville, quels matériaux de construction ont également un impact positif sur le microclimat urbain. Dans le catalogue « Matériaux de construction pour les villes face au changement climatique », les chercheuses et les chercheurs ont évalué des matériaux et des solutions de végétalisation pour les façades, les sols à proximité des bâtiments et les toitures, soit au total 66 matériaux et 17 variantes de végétalisation.

Planifier les mesures suffisamment tôt

Les chercheuses et les chercheurs ont analysé l’impact de chaque matériau sur le microclimat urbain à l’aide de 35 paramètres, notamment en ce qui concerne leurs propriétés thermiques, acoustiques ou visuelles, ainsi que leur durabilité.

Les façades photovoltaïques, les revêtements en fibrociment ou les murs à double paroi composés de maçonnerie et d’une isolation ont par exemple obtenu de bons résultats. Les chercheuses et les chercheurs ont également constaté que les espaces verts ont un effet positif sur le microclimat, en particulier lorsqu’ils sont bien arrosés. Si les couches supérieures du sol ou un mur sont asséchés après une longue période de chaleur, l’effet rafraîchissant dû à l’évaporation fait défaut. Il est donc important, lors de la conception des bâtiments et des espaces verts, de prendre en compte dès le début l’ombrage et l’arrosage.

Le catalogue des matériaux, désormais disponible dans sa deuxième édition, constitue une base importante pour évaluer les matériaux de construction au regard de l’effet d’îlot de chaleur. Il sert non seulement d’ouvrage de référence aux promoteurs immobiliers et aux concepteurs, mais aide également les propriétaires immobiliers à choisir des matériaux de construction respectueux du climat. Il sera ainsi plus facile à l’avenir pour toutes les parties prenantes de garantir une qualité de vie élevée, même dans le climat chaud de demain.

Service Teaser Projekt fr

Vous ne savez pas quelles étapes sont importantes pour votre projet ?

Utilisez des listes de tâches structurées et des procédures claires afin de ne rien oublier et de mener à bien le projet de votre choix de manière efficace.

Questions fréquentes

Conseils pour un logement durable

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez régulièrement des conseils pour un logement durable.

Avec plaisir