Les abeilles, des auxiliaires utiles au jardin
Ce sont les héroïnes de l’écosystème. Les abeilles pollinisent environ 80% de toutes les plantes sauvages et cultivées de notre région. De nombreuses espèces d’abeilles sauvages sont menacées. Il est essentiel de les protéger. Nous vous présentons les principales espèces d’abeilles de Suisse.
L’abeille mellifère occidentale (Apis mellifera) se distingue assez facilement de ses cousines sauvages grâce à certaines caractéristiques. Avec une taille de 10 à 12 millimètres, elle est légèrement plus petite que de nombreuses espèces d’abeilles sauvages. Sur leurs pattes arrière, les abeilles mellifères portent ce qu’on appelle des corbeilles à pollen. Autre particularité : entre les facettes de leurs yeux se trouvent des poils qui dépassent. Mais leur mode de vie diffère également de celui des abeilles sauvages. Ainsi, les abeilles mellifères vivent en grandes colonies composées d’une reine, de faux-bourdons mâles et d’ouvrières. Les abeilles sauvages, en revanche, mènent une vie solitaire. Il n’y a pas d’ouvrières pour les aider, mais uniquement des mâles et des femelles, parmi lesquelles seules les femelles s’occupent de la construction du nid et de l’élevage du couvain.
Contrairement aux abeilles mellifères, les abeilles sauvages ne produisent pas de miel. Elles jouent toutefois un rôle extrêmement important dans la nature en tant que pollinisatrices des plantes sauvages et cultivées.
Les principales espèces d’abeilles sauvages de Suisse
Anthophore aux pattes poilues (Anthophora plumipes)
Cette abeille vole dès le mois de mars, ce qui en fait l’une des premières espèces sauvages de l’année. Mesurant entre 14 et 16 millimètres, cette abeille à fourrure ressemble au bourdon avec son pelage brun noir, mais elle s’en distingue par son vol rapide et bourdonnant. Elle aime nicher dans les vieux murs ou dans les parois argileuses escarpées.
Plantes à fleurs pour Anthophore aux pattes poilues : kiwi (Actinidia sinensis), vipérine commune (Echium vulgare), chèvrefeuille (Lonicera caprifolium), glycine (Wisteria sinensis), sauge (Salvia officinalis), coquelicot (Papaver rhoeas), grande gueule-de-loup (Antirrhinum majus) et marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum).
Bourdon des pierres (Bombus lapidarius)
On reconnaît les bourdons des pierres à leur corps noir, surmonté d’une pointe rouge vif au niveau de l’abdomen. Ils mesurent entre 12 et 16 millimètres de long. Ce bourdon construit souvent ses nids sous des tas de pierres ou des murs, d’où son nom.
Plantes à fleurs pour les bourdons des pierres : crocus (hybride de Crocus), primevère véritable (Primula veris), delphinium (hybride de Delphinium), lavande (Lavandula angustifolia), tournesol (Helianthus annuus), poirier (Pyrus communis), pommier (Malus domestica), coquelicot (Papaver rhoeas), glycine (Wisteria sinensis).
Bourdon terrestre (Bombus terrestris) et bourdon des saussaies (Bombus lucorum)
Ces deux espèces comptent parmi les plus courantes d’Europe centrale. Ils mesurent environ 17 millimètres de long. Les deux espèces sont noires, présentent un abdomen terminé par une partie blanche et deux bandes transversales jaunes caractéristiques, l’une sur le deuxième segment abdominal et l’autre sur le premier segment thoracique. Chez le bourdon terrestre, les bandes transversales sont généralement plus foncées que chez le bourdon des saussaies. Les bourdons terrestres font honneur à leur nom, car ils construisent leurs nids sous terre.
Plantes à fleurs pour les bourdons terrestres et des saussaies : scille de Sibérie (Scilla siberica), muscari d’Arménie (Muscari armeniacum), pulmonaire obscure (Pulmonaria obscura), lamier tacheté (Lamium maculatum), coquelicot (Papaver rhoeas), carotte sauvage (Daucus carota), vipérine commune (Echium vulgare), stachys dressée (Stachys recta).
Collète des sablières (Colletes cunicularius)
Attention, risque de confusion. A première vue, cette espèce ressemble beaucoup à l’abeille mellifère. Elle possède cependant des caractéristiques bien particulières qui permettent de la reconnaître facilement. Elle mesure entre 11 et 14 millimètres. Vous la reconnaîtrez facilement à son thorax roux et velu ainsi qu’à ses bandes transversales, dont la couleur se détache nettement moins que chez les autres espèces. Elle est l’une des premières abeilles à apparaître au printemps et s’est spécialisée dans la recherche de nourriture sur une grande variété de saules. C’est pourquoi on l’appelle aussi « abeille des saules de printemps ». Elles nichent de préférence dans des sols sableux meubles, dans les plaines alluviales ou les carrières de sable.
Plantes à fleurs pour les collètes des sablières : sureau noir (Sambucus nigra), houx (Ilex aquifolium), poirier (Pyrus communis), pommier (Malus domestica), sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), saule cendré (Salix cinerea), saule capré (Salix caprea), saule auriculé (Salix aurita), saule vimal (Salix viminalis), saule rampant (Salix repens).
Osmie cornue (Osmia cornuta)
Avec son corps d’un noir profond et densément velu ainsi que l’extrémité de son abdomen d’un rouge rouille éclatant, elle compte parmi les abeilles sauvages les plus remarquables du printemps. Sur la tête des femelles, qui mesurent entre 12 et 16 millimètres, se trouvent, cachées dans leur fourrure dense, les deux petites cornes caractéristiques qui lui ont donné son nom. Les mâles, légèrement plus petits, possèdent une pilosité faciale blanche. En raison de sa couleur et de sa taille, cette espèce est souvent confondue avec un bourdon. Les fissures, les joints et les crevasses des murs comptent parmi ses sites de nidification.
Plantes à fleurs pour les osmies cornues : houx (Ilex aquifolium), pissenlit des prés (Taraxacum officinale), tulipes de jardin (Tulipa), primevère élatior (Primula elatior), saule pourpre (Salix purpurea), érable sycomore (Acer pseudoplatanus), pommier (Malus domestica), poirier (Pyrus communis), cerisier ornemental japonais (Prunus serrulata).
Xylocope violet (Xylocopa violacea)
Ces abeilles peuvent atteindre une longueur de 28 millimètres. Elles se distinguent facilement des autres abeilles par leur corps semblable à celui d’un bourdon, leur pelage généralement noir et leurs ailes noirâtres aux reflets violets. Elles ont pour habitude de creuser de petites cavités dans le bois pourri, où elle élèvent leur progéniture. Ses mandibules sont si puissantes qu’elle produit de la véritable sciure de bois.
Plantes à fleurs pour les xylocope violet : kiwi (Actinidia sinensis), vipérine commune (Echium vulgare), glycine (Wisteria sinensis), lamier pourpre (Lamium purpureum), stachys dressée (Stachys recta), phlomis arbustif (Phlomis fruticosa), espèces d’érable (Acer spec.), paulownia tomentosa (Paulownia tomentosa).
Abeille masquée du tanaisie (Hylaeus nigritus)
Avec une taille inférieure à 1 centimètre, l’abeille masquée du tanaisie compte parmi les plus petites espèces sauvages indigènes. La couleur noire brillante très marquée de ces petits pollinisateurs peut, à première vue, prêter à confusion avec des fourmis ou des guêpes. À cela s’ajoute le fait que le duvet caractéristique de nombreuses espèces d’abeilles sauvages, présent sur les pattes et la surface du corps, est ici presque totalement absent. L’abeille masquée niche dans de petites niches dans les murs et les fissures rocheuses, mais ces insectes trouvent aussi souvent un site de nidification approprié dans les tas de pierres.
Plantes à fleurs pour les abeilles masquées : tanaisie (Tanacetum vulgare), grande camomille (Tanacetum parthenium), camomille des teinturiers (Anthemis tinctoria), achillée millefeuille (Achillea millefolium), marguerite (Leucanthemum vulgare), solidage du Canada (Solidago canadensis), centaurée scabieuse (Centaurea scabiosa), centaurée noire (Centaurea nigra), chardon commun (Cirsium vulgare).