À quelle fréquence les assemblées de copropriétaires doivent-elles avoir lieu et quels sont les sujets qui doivent y être abordés ?
La loi prévoit la tenue d’une assemblée des copropriétaires chaque année. Lors de cette assemblée ordinaire, les copropriétaires approuvent le dernier décompte et discutent des travaux à réaliser au cours de l’année en cours. C’est sur cette base qu’ils adoptent un budget. De plus, les copropriétaires abordent régulièrement d’autres points, allant de l’occupation des places de stationnement réservées aux visiteurs aux grands travaux de rénovation à venir. La gérance établit les points à aborder – c’est-à-dire l’ordre du jour. Cependant, toutes les copropriétaires et tous les copropriétaires ont également le droit de proposer des points à l’ordre du jour, par exemple l’installation d’infrastructures de mobilité électrique dans le parking souterrain.
Le règlement prévoit toutefois également que certains copropriétaires ou l’administration puissent convoquer des assemblées extraordinaires. C’est souvent le cas lorsque des réparations ou des travaux de rénovation importants sont à prévoir.
Comment les décisions sont-elles prises au sein d’une copropriété ?
Sauf disposition contraire du règlement ou de la loi, l’assemblée prend les décisions à la majorité des copropriétaires présentes ou représentées. Il convient ici de vérifier dans le règlement si chaque copropriétaire ne dispose que d’une seule voix – c’est-à-dire une voix par personne – ou d’une voix par unité – ce qu’on appelle une voix par bien – lors du vote.
Il existe également ce qu’on appelle la majorité qualifiée : dans ce cas, outre les voix par tête, les quotes-parts sont également prises en compte. Enfin, pour certains votes, les copropriétaires doivent prendre la décision à l’unanimité.
À ce propos : quand l’unanimité est-elle requise en copropriété ?
La loi impose notamment l’unanimité en matière de propriété par étages lorsqu’il s’agit d’aménagements de luxe – comme l’installation d’un sauna commun – ou de modifications des quotes-parts de valeur de l’ensemble de la communauté – par exemple après l’installation d’un ascenseur. La loi exige également l’unanimité pour la dissolution de la copropriété. Les règlements peuvent en outre désigner d’autres procédures que les copropriétaires doivent adopter à l’unanimité.
L’unanimité constitue un obstacle de taille et les copropriétaires devraient l’appliquer le moins souvent possible : elle peut en effet représenter un obstacle majeur, en particulier dans le cas de communautés divisées ou de communautés dont les copropriétaires ne disposent pas de réserves financières importantes.
Les « fauteurs de troubles » peuvent se prévaloir de l’unanimité pour s’arroger un certain pouvoir. À l’inverse, certains estiment qu’un copropriétaire isolé devrait lui aussi avoir le droit de s’opposer à une décision afin de protéger son bien – en d’autres termes : son investissement. Mais le sens d’une copropriété réside dans la dernière partie de ce mot : « communauté ».
En principe, une copropriété serait une structure démocratique, mais qui, sur certains points, ne peut tout simplement plus fonctionner lorsque l’unanimité est requise.