Droit successoral suisse : aperçu des principales règles
Ce qui a changé avec la nouvelle loi sur les successions
Le droit successoral suisse remonte à 1912. Depuis lors, les relations et les structures familiales ont évolué. C’est pourquoi le Parlement a adopté fin 2020 une révision. Ce droit successoral actualisé est entré en vigueur début 2023 et tient compte, par exemple, des nouvelles formes de vie telles que les familles recomposées. Il offre aux personnes concernées davantage de marge de manœuvre et de flexibilité dans la planification successorale.
Qui hérite en l’absence de testament ou de pacte successoral ?
Pour les propriétaires de logements, il est tout à fait judicieux de réfléchir suffisamment tôt à la planification. Le Code civil suisse régit, dans le droit successoral (articles 457 à 640), qui hérite lorsqu’une personne décède sans laisser de testament ni de pacte successoral. Le droit successoral se fonde d’abord sur l’ordre des branches, appelé « ordre des parentèles », et divise les parents par le sang en trois branches.
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Qui a droit à la réserve héréditaire ?
Le droit successoral prévoit que certaines personnes ont droit à une réserve héréditaire, c'est-à-dire à une part minimale de la succession, même si le testament en dispose autrement. Avec le nouveau droit successoral, seuls les conjoints et les descendants directs bénéficient désormais de la réserve héréditaire :
Les conjoints ou partenaires enregistrés ont droit à la moitié de leur part successorale légale, soit 25 % de l’ensemble de la succession.
Les descendants directs ont droit à la moitié de leur part successorale légale, soit 25 % de la succession au lieu de 37,5 % auparavant.
Les parents n’ont plus droit à la part réservataire.
Qu’est-ce que la part libre ?
Avec le nouveau droit successoral, la part dite « libre » ou « librement disponible » passe de 37,5% à 50%. Il s’agit de la partie de la succession dont vous pouvez disposer à votre guise par le biais d’un pacte successoral ou d’un testament. Vous pourriez, par exemple, attribuer 75% (25% de la part réservataire plus 50% de la part libre) à votre épouse, à votre concubine ou à votre partenaire, et limiter vos descendants à la part réservataire. Sans disposition successorale, votre partenaire et vos enfants devraient se partager l’héritage à parts égales.
Important : même avec le droit successoral révisé, les couples non mariés ou les enfants du conjoint n’ont pas de droit successoral légal. Vous devez les désigner comme bénéficiaires par le biais d’un pacte successoral ou d’un testament.
Quand faut-il établir un testament ou un pacte successoral ?
Les testaments et les pactes successoraux établis avant le 1er janvier 2022 restent valables, même sous le nouveau droit. La révision a toutefois été une bonne occasion de réfléchir à la planification. Grâce à la part libre plus importante, vous pouvez par exemple prendre en compte votre concubine ou votre concubin, favoriser votre conjointe ou votre conjoint, ou assurer la sécurité financière de vos beaux-enfants. Le mieux est de vous faire conseiller par des avocats spécialisés en droit successoral afin de savoir comment tirer parti de cette plus grande marge de manœuvre en matière de planification successorale, pour mieux subvenir aux besoins des personnes qui vous tiennent particulièrement à cœur.